samedi 27 avril 2019

La géographie ne s’en est pas remise

Un haut lieu, c’est un arpent de géographie fécondé par les larmes de l’Histoire, un morceau de territoire sacralisé par un geste, maudit par une tragédie, un terrain qui, par-delà les siècles, continue d’irradier l’écho des souffrances tues ou des gloires passées. C’est un paysage béni par les larmes et le sang. Tu te tiens devant et, soudain, tu éprouves une présence, un surgissement, la manifestation d’un je-ne-sais-quoi. C’est l’écho de l’Histoire, le rayonnement fossile d’un événement qui sourd du sol, comme une onde. Ici, il y a eu une telle intensité de tragédie en un si court épisode de temps que la géographie ne s’en est pas remise. Les arbres ont repoussé, mais la Terre, elle, continue de souffrir. Quand elle boit trop de sang, elle devient un haut lieu. Alors, il faut la regarder en silence car les fantômes la hantent.
Sylvain Tesson
Bérézina

Salut, fonctionnaire de noble origine



mardi 23 avril 2019

Héliographie

On me demande souvent : "Comment avez-vous commencé ?" J'aimerais dire : "Par la lumière."
Édouard Boubat

lundi 22 avril 2019

Dans l’œil du soleil

"Si tu veux cacher quelque chose, cache le dans l’œil  du soleil"
Proverbe égyptien

lundi 15 avril 2019

De l'influence de la peinture sur la photographie

Travail en cours avec le Théâtre Atelier Bûle
d’après "le désespéré" de Gustave Courbet

dimanche 14 avril 2019

mardi 2 avril 2019

Distraire à tout prix


Un clown est un solitaire, quelqu'un qui fait rire avec ses peurs et qui est capable de vous mettre face à ses angoisses. Le monde lui fait tellement peur qu'il essaie à tout prix de distraire. 
José Garcia
Boomerang / Augustin Trappenard 
28/03/2019

Texte de Bonaventure Gacon, clown Boudu cité par José Garcia
"Aujourd'hui, on dirait que les clowns n'existent plus... Ce ne serait plus qu'une figure, un déguisement.
Pourquoi la presse titre " les clowns terrifiants " au lieu de dire que des gens se déguisent en clown pour terrifier ?
S’ils s'étaient déguisés en bonnes sœurs auriez vous titré " les bonnes sœurs attaquent ? ".
Ces gens qui attaquent et qui font peur ne sont pas des clowns, ils sont déguisés en clown !
Les médias font tranquillement l'amalgame, oubliant ainsi ce long et difficile travail de réhabilitation du clown qui a mis des années à sortir du rôle tarte à la crème qu'on lui réservait. Maintenant il fait peur, il pourrait tuer peut-être. Mais ceux dont vous parlez, ce sont des dérangés qui se gorgent de fictions et profitent des réseaux sociaux pour déverser leur mal être sur des passants. Et ce ne sont pas des solitaires. Le clown, le vrai, est solitaire. Il affronte sa propre peur avec courage parce que c'est son métier de ne pas faire plus que ce qu'il est et d'aller vers les autres sans arme. Le public, dans les salles de théâtre et dans les cirques, le sait, pour l'avoir vécu, mais celui ou celle qui entend que les clowns sont ceux que vous décrivez, jamais plus ils ne viendront voir un spectacle où il y a des clowns.
Sous prétexte qu'il y a deux ou trois couillons qui s'amusent avec une image vous fustigez tout le reste, tout un pan de l'histoire du spectacle vivant, de la poésie, du sensible, du cirque, du théâtre. Vous ne parlez que de Stéphane King et de " l'image du clown ". Que faites-vous des vrais clowns qui ont fait l'histoire, le rire, l'art, le cirque, qui eux appartiennent à l'enfance, à l'imaginaire ?
Allez hop ! Fellini, Buster Keaton, Pierre Etaix, Devos, Zouc, Grock, Charly Rivel, George Carl, les Fratellini, Coluche, Zavatta et les contemporains comme Arletti, Adèll, Madame Françoise, Gilles Defacque, Zig, Otto et bien d'autres...
Allez hop ! tout le monde au placard, à la poubelle, car aujourd'hui « les clowns ne font plus rire personne » et cela juste parce qu'on a volé leurs froques, leurs silhouettes. Vous les médias vous sautez à deux pieds dans le gros gâteau gras. Vous ne défendez pas la culture, la fragilité, la sensibilité ; vous jouez le jeu de ces voyous. Juste l'image, uniquement l'image... Il n'y à plus que ça qui intéresse aujourd'hui. Pour vous l'art n'existe pas !
Qu'avons nous fait pour nous retrouver, nous, « Les clowns au pilori » juste parce qu'on nous a volé notre nez, notre costume ?
On dirait que l'on ne garde de l'art du clown que l'image, et qui plus est, la plus sordide.
La lorgnette par laquelle vous regardez est bien petite et bien triste."

Bonaventure Gacon, le 1er novembre 2014.
Note : nous avons enlevé les références des titres de la presse.(trouvé sur le site du Figaro)