mardi 31 janvier 2017

Je me suis rappelé cette conversation que j’ai surprise entre deux chiens sur la Perspective Nevski.


Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos

Quand j'ouvre mon portefeuille
pour montrer mes papiers
payer
ou vérifier l'horaire d'un train
je vois ta photo.
 
Le pollen des fleurs
dépasse en âge les monts les plus hauts
Aravis est jeune 
pour une montagne.
 
Les ovules de la fleur
en seront encore à germer
lorsque Aravis alors vieux
ne sera plus qu'une colline.
 
La fleur dans le portefeuille
du cœur,  la force
qui nous fait vivre
survivre aux montagnes.

Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos.
John Berger
Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos


lundi 30 janvier 2017

Et le souffle devient signe

Mon père ne m'a pas légué des meubles ou des bijoux, mais des bâtons d'encre. Ils sont pour moi un trésor de famille plus précieux que l'or. Tous les matins, je calligraphie pour me calmer, pour chasser l'inquiétude et entrer dans la danse de la vie. Cette pratique quotidienne m'est devenue indispensable, comme une prière intérieure. Chaque jour, il faut partir de la feuille blanche, plonger en soi, se mettre en quête de vérité et de beauté. Venues du plus profond de moi même, ces créations dessinent en quelque sorte le portrait de mon âme.
François Cheng
Et le souffle devient signe

Griffonnuage


dimanche 22 janvier 2017

Vents dominants


Témoins gênants

L'amitié, ça va quand on est jeune; après on se traîne les vieux copains comme des témoins gênants de ce qu'on était jadis.
Nicolas Maleski
Sous le compost

samedi 21 janvier 2017

Une fois par vie, il neige dans nos rêves

Une fois par vie, il neige dans nos rêves . Orhan Pamuk (Neige)
 

Surgissent les monstres

Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.
Antonio Gramsci

mercredi 18 janvier 2017

samedi 14 janvier 2017

Comme autant de marches

Je suis le cours de mes rêves, faisant des images autant de marches pour de nouvelles images ; et déployant, comme un éventail, les métaphores nées fortuitement en de larges tableaux de vision intérieure; je détache la vie de moi et la mets de côté comme un vêtement trop étroit.
Fernando Pessoa
Le livre de l'intranquillité
p.189

Peigner le ciel


mercredi 4 janvier 2017

La semaine du blanc


Remplir le panier

Je photographie souvent avant de réfléchir.
Histoire de remplir le panier.
Ensuite, je trie, je jette, je nettoie, je prépare, j'assaisonne en pensant à ceux avec qui je pourrais partager cette petite cuisine.

dimanche 1 janvier 2017

... 2013-2014-2015-2016-2017...


Avec mon look de libellule



Prohibition

J’exhibai ma carte senior
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d’un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié

Passez votre chemin bâtard
Et filez vite au wagon bar
Je fumerai ma cigarette
Tranquillement dans les toilettes

Partout c’est la prohibition
Alcool à la télévision
Papiers clopes manque de fric
Et vieillir dans les lieux publics


Partout c’est la prohibition
Parole écrit fornication
Foutre interdit à soixante ans
Ou scandale et ricanements

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié

Les malades sont prohibés
On les jette dans les fossés
A moins qu’ils n’apportent du blé
De la tune au plus fortunés

Les vieux sont jetés aux orties
A l’asile aux châteaux d’oubli
Voici ce qui m’attend demain
Si jamais je perds mon chemin

J’ai d’autres projets vous voyez
Je vais baiser boire et fumer
Je vais m’inventer d’autres cieux
Toujours plus vastes et précieux

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille sans foi ni loi
Si je meurs ça sera de joie