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samedi 30 mars 2024

Comme un enfant, en secret


Quand je photographie, j'ai le sentiment de me réconcilier avec la vie, dans ce qu'elle a de plus immédiat: le présent.
Elle vient sans doute aussi remplir un manque, elle me permet de répondre à des questions sans passer par les mots. Tel objet qui ravive mon attention porte en lui le monde tout entier. Un roman ! Mais peut-être surtout un poème que je n'écrirai pas.
Photographier me permet de dialoguer avec ce que j'ai trouvé "beau"- comme un enfant, en secret.
Amaury Da Cunha
Fond de l’œil
La brume au Rouergue
p.28

 


 

lundi 9 octobre 2023

vendredi 6 octobre 2023

Ne rêvons pas

 Ne rêvons pas… Laissons aux photos d’être des ricochets, et aux phrases d’être des poursuites. 
Denis Roche,
Les Cahiers de la photographie, n°23

samedi 13 mai 2023

Oublier, oublier, oublier encore

 Si l'on veut faire le portrait d'une personne que l'on connaît bien; il faut oublier, oublier et oublier encore, jusqu'à éprouver de la surprise devant ce que l'on voit. Car au cœur de tout portrait qui présente un semblant de vie, il y a l'étonnement absolu, nimbé de familiarité.
John Berger
Comprendre une photographie
p.102

mardi 4 octobre 2022

Un bonne paire de chaussures

 Achetez une bonne paire de chaussures confortables, ayez un appareil autour du cou en toutes circonstances, gardez les coudes fermés, soyez patients, optimistes et n'oubliez pas de sourire.

Matt Stuart

jeudi 15 septembre 2022

Le jeu est alors d'organiser le rectangle

Une bonne image est créée dans un état de grâce. La grâce s'exprime quand elle est libérée des conventions. Libre comme un enfant dans ses premières découvertes de la réalité. Le jeu est alors d'organiser le rectangle.

Sergio Larrain


vendredi 12 août 2022

samedi 12 mars 2022

État d'âme

Je photographie tout ce qui me surprend. Si rien ne me surprend, je ne photographie rien. C’est encore la surprise quand je reprends mes négatifs. Travailler sur ses archives, c’est accepter son travail comme il est ou a été. Il y a des choses bien, et d’autres moins bien, mais ce n’est pas un poids. Tout se renforce, ce que tu aimes comme ce que tu détestes. Cela renforce le sens de ton œuvre, son empreinte, cela la consolide. La photographie est une matière vivante. Écouter, voir, lire, voyager, mes images sont la somme de toutes mes connaissances et de mes pensées. Et, en fait, c’est mon âme qui se retranscrit en images…
Graciela Iturbide

mercredi 23 février 2022

Comment va ta douleur

Mon passé, ma culture, mon parcours, ma solitude, ma vie sentimentale sont des éléments qui déterminent ma façon de cadrer et de voir les choses. C'est assez douloureux.
Raymond Depardon

jeudi 17 février 2022

samedi 23 octobre 2021

Souvent ils n'occupent qu'une petite quantité d'espace dans une photographie, mais leur présence est toujours essentiel


Je ne suis pas si excité d'avoir un style personnel mais de prendre en photo tout ce qui m'excite. J' étudie et pratique différentes manières de travailler.
Je n'ai pas de moyen spécial de prendre des photos et je ne fais pas trop de plans à l'avance mais je me balade en essayant juste de garder les yeux ouverts. Je me suis souvent retrouvé à observer les animaux et parfois j'essaie d'influencer leur comportement et leur position en leur donnant des délices.
J' aime observer des espèces très courantes - moineaux, corbeaux, pigeons, canards, mouettes, oiseaux domestiques - des seuils de la maison jusqu'aux limites de la terre . Ils sont adorables et faciles et parfois amusants à observer. Souvent ils n'occupent qu'une petite quantité d'espace dans une photographie, mais leur présence est toujours essentiel .
Tout ce que j'ai photographié existe indépendamment de moi, mon rôle est seulement d'être réceptif. Le plus important est la chance, derrière chaque bonne image il y a aussi la chance. Parfois, lorsque vous êtes au bon endroit au bon moment, vous sentirez que l'image est un cadeau et aussi que peu importe qui est derrière la caméra.
Le monde est tellement intéressant et chaque lieu mérite d'être visité. J' aime surtout photographier dans des endroits reculés et paisibles des choses qui disparaissent. Quand le monde a changé, la photographie est restée.
C' est vrai que j'ai travaillé avec beaucoup de caméras, principalement de moyen format, mais normalement je n'ai qu'un ou deux caméras avec moi quand je voyage. La caméra avec laquelle je prends dépend où je vais et quel genre de choses visuelles j'envisage, souvent Pentax 67, Widelux 1500 ou une vieille Rolleiflex.
J' attends les photos comme un chien de garde. C' est une question de chance et de circonstances. Je préfère l'hiver, pire c'est le temps, meilleur sera la photographie.
Le moment préféré de la journée est le coucher du soleil. Cette lumière mystérieuse, sa palette de blancs, gris et noirs évoque tous les sens et vous oblige à regarder plus près la connexion humaine avec la nature.

(Traduction Facebook)


Pentti Sammallahti

 

jeudi 14 octobre 2021

Je finis toujours par penser à la simplicité d’une journée remplie de rien.

 

J’ai toujours été au bord de rien. L’impression de vivre dans un non-temps. Chaque petit bonheur saisi devenait passé et chaque rêve de futur me semblait déjà un souvenir. Seules la mer et la voix de Leonard Cohen font partie du présent. Le reste n’était que des projections, et ça, j’ai appris à m’en méfier. La photographie m’a permis de voyager et de voir la différence entre le possible et l’impossible. Je pouvais garder sans posséder, me rappeler sans souci d’oublier, survivre au lieu de vivre. Surtout savoir que tout a une histoire, chaque histoire deux versions, chaque version son passé. Je voyage entre l’Asie, l’Europe et le monde Arabe. Je vois dans la banalité du quotidien des traces auxquelles je serai à tout jamais lié. Je marche sur les ordures du Caire et je vois du sublime, je regarde les murs d’Auschwitz et je touche au sacré, je m’arrête devant une vitrine à Vienne et je m’aperçois du futile. Dans rien je prends tout. Je pense parfois à ce tout enfoui dans ma mémoire. Dans la solitude d’une chambre d’hôtel, le soir, je fais défiler mes peurs, mes erreurs, le visage de mes parents, de mes amis, des femmes aimées, de mes enfants, de la mort, de mon alcoolisme sevré et de mes soucis d’argent. Il n’y a pas de paix quand on cherche l’absolu. Je finis toujours par penser à la simplicité d’une journée remplie de rien. Ça me suffit. J’ai toujours été au bord de rien, et Leonard Cohen chante encore… 

Paulo Nozolino Porto, le 22 novembre 2001

Merci Fréd Martin pour l'envoi.

jeudi 1 juillet 2021

Hier, j'ai parlé de photographie, aujourd'hui je suis retourné au jardin

 

C'est la photo qui doit faire du bruit.
Elliott Erwitt

La photo m'a appris que lorsque on était en confiance avec son sujet, on pouvait saisir des moments de vérité.
Adriana Lopez Sanfeliu
dans Elliott Erwitt (Silence sounds good )

dimanche 6 juin 2021

Photo japonaise

Cocteau m'a raconté l'histoire d'un photographe japonais qui, ayant pris une photo de Paris, la montrait fièrement à ses amis parisiens ; à l'arrière plan, il y avait une branche de pêcher en fleur qui donnait à tout le paysage l'air typiquement japonais. Paris était parti ailleurs.
Julien Green, Souvenirs des jours heureux,Flammarion, 2007
cité dans Plossu Paris - éditions MarVal- rueVisconti

mercredi 21 avril 2021

Le photographe-paratonnerre

Il y a la recherche délibérée de l’exceptionnel, et il y a ce qui apparaît de façon inattendue et se révèle seulement quand la photo a été révélée. Peu importe la manière dont elles surviennent, et si une irruption involontaire est peut être la plus belle et la plus intense, il est aussi bon que le photographe-paratonnerre sorte dans la rue avec l’espoir de la trouver, toute provocation de forces qui ne peuvent être légiférées obtient parfois sa récompense, même si elle peut survenir comme une surprise ou même comme un effroi.


Julio Cortazar, 
extrait de Ventanas a lo insolito, 
in Papeles Inesperados,
 Editions Punto de Lectura, 
Madrid, 2010.

mercredi 10 février 2021

Pourtant ces images doivent avoir un sens

J'aurais pu peut-être, choisir trois cents autres photographies qui dorment dans des valises ou proposer des cadres vides devant lesquels on aurait pu rêver autrement ?
Pourtant ces images doivent avoir un sens, même celles que je n'aime plus car elles furent toutes des moments de mon existence, j'aurais envie de dire des moments d'une vie antérieure, tant elles me renvoient à un temps dilué.
Elles ne sont aujourd'hui que des épaves proposées aux regards inconnus qui vont se les approprier, les juger, les critiquer, peut-être parfois les aimer, mais sans jamais savoir quel morceau de puzzle elles représentent.
Enfin maintenant, c'est trop tard, elles sont là et il me faut les assumer, mais j'aimerais bien pouvoir me transformer en un petit nuage blanc et me sauver sur la pointe des pieds dans le ciel bleu.

Jean Loup Sieff
Avant propos par temps pluvieux (extrait)
12 mars 1986
Pour la liberté de la presse
Reporters sans frontières




 

dimanche 7 février 2021

... et qu'elles voyagent de regard en regard aussi loin que possible, aussi longtemps que possible.

 


 

Je vis ma vie photographiant ma vie, puisant à ce qui est là où je suis. C'est ma façon d'être vivant. J'entretiens chaque jour, chaque nuit l'état d'inquiétude émerveillée devant cet espace immédiat qui reflète mon espace intime. La photographie est un espace vital. Comme la respiration. Je vis en photographe, je dors en photographe, je rêve en photographe, j'aime en photographe, ... Au matin, dès que j'ouvre les yeux, je porte sur le monde un regard de photographe. Affiner toujours plus le lien sensible à ce qui est là pour extraire des pépites de beautés, des gemmes d'émotions dont je fais des images pour les livrer au regard de l'autre et qu'elles voyagent de regard en regard aussi loin que possible, aussi longtemps que possible.

Olivier Deck
L'envers de la lumière
Éditions Contrejour
pages 17-18

mardi 19 janvier 2021

Sans regard, sans regarder

J'ai du mal à voir les gens
Je préfère les murs, les espaces vides
être seul face à moi
tranquille
sans regard
sans regarder.
 
Ne plus bouger
Raymond Depardon
Hivers
Arfuyen/ Magnum

mercredi 13 janvier 2021

Faire revivre une autre idée

L'espace d'un temps très court
on pense à des images
Brusquement sans que l'on sache pourquoi
la pensée s'échappe
il reste la lumière
 
On lève alors l'appareil à peine réglé
une photographie est faite
une photographie sans rapport avec la pensée disparue
mais qui, elle, va durer
 
Des années plus tard
la revoir fera revivre une autre idée
Raymond Depardon
Hivers
Arfuyen/ Magnum