dimanche 26 février 2012

Piafs / Pierrots

Parfois je pense à Robert Dois(n)eau. Il aura 100 ans le 14 avril.

samedi 18 février 2012

Et c'est comme ne plus peindre ...

Le peintre se tue au travail de la même façon que l'écrivain. Mais lui, il ne cesse de nager à la surface de la couleur. C'est à l'aide de surface, et seulement de surfaces qu'il atteint la profondeur.  Même si le chef-d'oeuvre demeure inconnu.
p.77
Je peins et c'est comme ne plus peindre. Et je sais bien que c'est important et émouvant qu'il existe quelque part les femmes, les jeunes filles, et l'amour, et les meules de foin, et les locomotives, et les livres, et les barques. L'existence est l'existence, criblée des balles du temps, et je l'aime, et je sais que tous les évènements du passé ne sont pas du tout perdus, que tous les instants vécus n'ont pas sombré, qu'ils sont là désormais, à la surface, sous chaque feuille arrondie, dans le clapotis, les éclats, les lueurs, les verts, les mauves, les roses, les coups légers du pinceau, et du vert encore, toute la gamme des verts, des bleus. Un étourdissement.
p.79 
Pierre Péju / Le vie courante/ Folio

Moulin de Saint-Pierre


jeudi 16 février 2012

Miette

Reçu ce matin. Le début.
C'est au début des années quatre-vingt que j'ai fait plus étroitement connaissance avec Adrien. La mort presque simultanée de Baptiste et de Jeanne vida la maison où il avait vécu un demi-siècle plus tôt. Elle atténua l'interdit spécial dont le partage frappe les choses autrefois indivises ? Il prit l'habitude de passer chaque jour. Du bout ferré de sa canne, il frappait à la porte de l'atelier ou faisait sonner les morceaux de ferraille qui jonchaient le sol, dehors. Je posais les outils, débranchais le poste de soudure, extrayais ma dextre du gros gant de cuir et nous nous serrions protocolairement la main. Il me demandait, en français le plus souvent, mais parfois en patois, comment je me portais. Il riait lorsque je lui répondais en patois.
Pierre Bergougnioux / Miette/ p.9/ Folio 


mardi 14 février 2012

Refoulé

- Où allez-vous ?
- A Dakar.
- Chez vous ?
- On m'a refoulé à la frontière. J'avais un passeport et on m'a refoulé.
Il était effondré d'avoir été rejeté.
- Où alliez-vous ?
- A Paris.
 - Pour y étudier ?
- Pour y continuer ma profession.
- Quelle est-elle ?
- Vous ne comprendriez pas.
- Mais si.
- Non, monsieur, vous ne comprendriez pas. C'est un métier spécial.
- Je connais presque tous les métiers de France.
- Mais ce métier-là, non.
- Dites moi.
- Vous ne comprendrez pas. Je suis ébéniste. Je fabrique des bureaux-plats Louis XV et Louis XVI.
Bruce Chatwin / Anatomie de l'errance/ Le livre de poche . page 77 


Année du dragon


jeudi 9 février 2012

Beau visage

"Sâgigsisimârnapok" signifie , dans la langue de ceux qui se nomment eux-mêmes les Hommes, "ce qui donne un beau visage". Si un récit est drôle, cela vous fait rire, et si vous riez, cela vous donne un beau visage.
Inès Jorgensen
Traductrice  de "Un récit qui donne un beau visage"/ JØRN RIEL

dimanche 5 février 2012

Nous découpions des trous dans le monde


Quand j'étais petite, nous découpions des trous dans le monde. Ma sœur prenait une paire de ciseaux et coupait dans les airs deux lignes parallèles horizontales, puis faisait une incision en travers pour fabriquer des rideaux invisibles dont elle se saisissait avec délicatesse, entre pouce et index, avant de les tirer, m'invitant à enfoncer la main à travers l'ouverture. L'air de l'autre côté, nous l'aurions juré, était différent. Plus propre, prétendais-je. Frais, n'ayant jamais servi. J'y remuais les doigts, je m'emparais de mon poignet, retirais de nouveau ma main. Ma sœur finit par oublier ce jeu, moi, je ne me lassais pas de ce petit tour de magie, je m'y adonnais, seule, très souvent, même après avoir été surprise et grondée pour avoir joué avec des ciseaux. Mais je me suis toujours abstenue de tailler un trou assez large pour y passer tout entière, par peur de rester prisonnière de cet autre air.
À présent je me dis que, après tout, j'ai peut-être sans m'en apercevoir glissé dans un de ces trous.


Cliquez sur l'image pour faire Escales

A.RT


mercredi 1 février 2012

Quelques ...

Pierre Bergounioux est né en 1949 à Brive (Corrèze). Après des études à Limoges, Bordeaux et Paris, il enseigne le français en collège dans la banlieue parisienne. Il a écrit quelques livres. 
(Trouvé sur internet. Pour savoir où ,  tapez toute la phrase dans votre moteur de recherche ...)


« Ecrire n’est pas, du moins à mes yeux, une fin en soi. Notre affaire, c’est de vivre. » (cliquez sur le lien ! )

Aube