Les souvenirs sont faitsDe petits riens qui durentDe petits riens très dursEn travers de la gorge
Jean- Michel Maulpoix
Rue des fleurs
Les souvenirs sont faitsDe petits riens qui durentDe petits riens très dursEn travers de la gorge
Coucher avec elle
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration
Coucher avec elle
Pour l’ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude
Coucher avec elle
Pour l’aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes
Coucher coucher avec elle
Pour l’amour absolu
Pour le vice, pour le vice
Pour les baisers de toute espèce
Coucher avec elle
Pour un naufrage ineffable
Pour se prouver et prouver vraiment
Que jamais n’a pesé sur l’âme et le corps des amants
Le mensonge d’une tache originelle
Je repasse dans mon rêve tous les rêves de ceux qui rêventEt je deviens tous ceux qui rêvent.
Quand j'ouvre mon portefeuillepour montrer mes papierspayerou vérifier l'horaire d'un trainje vois ta photo.Le pollen des fleursdépasse en âge les monts les plus hautsAravis est jeunepour une montagne.Les ovules de la fleuren seront encore à germerlorsque Aravis alors vieuxne sera plus qu'une colline.La fleur dans le portefeuilledu cœur, la forcequi nous fait vivresurvivre aux montagnes.Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos.