Laver les ombres en photographie, signifie mettre en lumière un visage pour en faire le portrait
Jeanne Benameur
Laver les ombres en photographie, signifie mettre en lumière un visage pour en faire le portrait
Je photographie le privilège, l'évanescence — l'improbable ou la beauté — j'y cherche l'émotion et la quête en est d'autant plus désespérante. Souvent j'envie ceux qui savent photographier la vie. Moi, je la fuis — je pars de rien — je ne témoigne de rien — j'invente une histoire que je raconte pas, j'imagine une situation qui n'existe pas — je crée un lieu ou j'en efface un autre, je déplace la lumière — j'espère le hasard et je souhaite plus que tout être touchée en même temps que je vise.
Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C'est une solitude essentielle. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c'était ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l'on fait dans une maison et à toutes les heures de la journée, dans toutes les lumières, qu'elles soient du dehors ou des lampes allumées dans le jour. Cette solitude du corps devient celle inviolable de l'écrit. Je ne parlais de ça à personne. Dans cette période-là de ma première solitude j'avais déjà découvert que c'était écrire qu'il fallait que je fasse. J'en avais déjà été confirmée par Raymond Queneau. Le seul jugement de Raymond Queneau. Cette phrase : "Ne faites rien d'autre dans la vie que ça, écrire." écrire, c'était laz seule chose qui peuplait ma vie et l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée.