Affichage des articles dont le libellé est Marcher. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marcher. Afficher tous les articles

dimanche 14 août 2022

Jamais tout à fait familier

 Il y a de fait une harmonie décelable entre les potentialités du paysage compris dans un cercle de quinze kilomètres de rayon, limite d'une promenade à la mi-journée et l'intervalle de quelques soixante-dix ans que couvre la vie humaine. Jamais ce paysage ne devient tout à fait familier.
Henri David Thoreau

mercredi 9 décembre 2020

L'artiste de l'occasion

La marche procure une distance propice avec le déroulement ordinaire des choses, elle plonge dans une forme active de méditation, d'imagination, ravive la mémoire, sollicite une pleine sensorialité et renouvelle à tout moment le regard sur le monde. Elle libère des contraintes d'identité et laisse place à une disponibilité pour se prêter aux événements, le loisir de s'arrêter ou de revenir sur ses pas, un lâcher-prise paisible, rythme idéal pour le photographe, ce mélange de lenteur et de fulgurance qui fait de Bernard Plossu l'artiste de l'occasion.

David Le Breton
Bernard Plossu/ Marcher la photographie
Médiapop éditions

mercredi 31 janvier 2018

Comme les pierres du torrent

Des idées qu'on hébergeait sans raison vous quittent, d'autres au contraire s'ajustent et se font à vous comme les pierres du torrent. Aucun besoin d'intervenir; la route travaille pour vous. On souhaiterait qu'elle s'étende ainsi en dispensant ses bons offices, non seulement jusqu'à l'extrémité de l'Inde, mais plus encore jusqu'à la mort.
Nicolas Bouvier
L'usage du monde

mardi 27 décembre 2016

Une chaise, une malle ou la première pierre venue

Les Russes, par tradition, avant de partir en voyage, s'asseyent quelques secondes sur une chaise, une malle, la première pierre venue. Ils font le vide en eux, s'inquiètent de savoir s'ils ont fermé le gaz, caché le cadavre - que sais-je encore ? Je m'assis donc, manière russkof, le dos contre un oratoire de bois où une Vierge méditait devant le paysage d'Italie. Soudain, je me levai et je partis.
Sur les chemins noirs
Sylvain Tesson
p.20