samedi 5 novembre 2016

Saint Cochon


Un chat noir dans l'obscurité de la nuit

Attraper un chat noir dans l'obscurité de la nuit est, dit-on, la chose la plus difficile qui soit. Surtout s'il n'y en a pas.
Je veux dire : surtout s'il n'y a pas de chat dans la nuit où l'on cherche.
Ainsi parle un vieux proverbe chinois à la paternité incertaine. Du Confucius. Paraît-il. J'aurais plutôt pensé à un moine japonais ou bien un humoriste anglais. Ce qui revient à peu près au même. (...)
Philippe Forest
Le chat de Schrödinger
(prologue)

jeudi 3 novembre 2016

Mes épaules

Les nouveaux murs de la maison
Sous la peinture et les faux plafonds
Notre futur en question
Le souvenir de mes vies premières
Troupeaux de moutons de poussières
Mes gravats de célibataire
Et cet enfant qui pleure qui mange
Kilos de lait, kilos de langes
Et tout cet amour en échange
J'espère, c'est peu de le dire
J'espère que tout ça va tenir

Sur mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien carrées
Mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien gaulées, pas baraquées
Pas balaises

L'amour, l'humour, l'humeur égale
Les deux ampoules sur ton visage
Qui s'illumine quand je pédale
Le poids de mon nom ridicule
De ce fantôme à particule
Qui avance quand je recule
J'espère, c'est peu de le dire
J'espère que tout ça va tenir

Sur mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien carrées
Mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien gaulées, pas baraquées
Sur mes épaules, mes épaules, mes épaules
Mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien gaulées, pas baraquées
Pas gagné

Si ça tient, tu m'épouses
Pour mes épaules, mes épaules, mes épaules
Mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien gaulées, pas baraquées
Pour mes épaules, mes épaules, mes épaules
Mes épaules, mes épaules, mes épaules
Pas bien gaulées, pas baraquées
Les nouveaux murs de la maison
Sous la peinture et les faux plafonds
Notre futur en question

Written by Albin De La Simone • Copyright © Warner/Chappell Music, Inc

Face au vent


mardi 1 novembre 2016

Photos de familles

Mes parents prenaient des photographies quand nous nous y attendions le moins, et il fallait poser. Lors d'une visite un peu guindée chez des gens que nous connaissions à peine. Nous sommes debout, au fond d'un jardin inconnu, sous les lilas en fleur, le visage perdu d'ombres, moucheté, tacheté. Dans la rue déserte d'un dimanche d'hiver, au bord d'un trottoir, par une lumière grise et pâle. A la fin d'une banale balade sur les quais. Un cargo quittait le port. Ils ne photographiaient pas le cargo, mais nous, les sœurs, contre un mur. Tandis que la corne de brume du remorqueur se perdait vers le nord, tandis que les mouettes déployaient leur vol lent. C'était souvent ainsi, incongru, déplacé. Ils photographiaient hors sujet, à côté. A côté des gens, du paysage, à côté de l'instant, de son émotion.
Anne-Marie Garat
Photo de famille

Trouble de mémoire



vendredi 28 octobre 2016

Je te demande en photo

...
_ tes plus grandes influences , références en photo ?
_ Richard Avedon ,Fra Giovani dit Angelico et John Coltrane !
_ je te demande en photo
_ oui, je t'ai répondu
_ ...
Traduction en esperento global indisponible.
Arto Pazat

Le mur du silence


mercredi 26 octobre 2016

Tenir un journal

Les motivations qui conduisent à tenir un journal sont sans doute aussi diverses que les personnes qui les tiennent ; néanmoins, comme la plupart de nos motivations, nous pouvons supposer qu'elles sont largement inconscientes.
Joyce Carol Oates
Journal 1973-1982
Points p.11

Aux portes du silence



jeudi 20 octobre 2016

Je suis un assassin

Va au carrefour, salue le peuple, baise la terre que tu as souillée par ton péché, et dis tout haut, à la face du monde : Je suis un assassin.
Sonia à Raskolnikov
Crime et châtiment
Dostoievski
épigraphe de " Carthage"
Joyce Carol Oates
 

Avis de passage


mardi 4 octobre 2016

Au milieu d'un troupeau de touristes

On reconnaît facilement un photographe professionnel au milieu d'un troupeau de touristes : c'est celui qui cache son appareil.
Roland Topor