dimanche 16 janvier 2022

J'ai recommencé à espionner les blattes

 

Honte sur moi… Bafouant les fermes engagements pris en mon âme et conscience le 1er janvier, j’ai recommencé à espionner les blattes, à peloter les nuages, à me ronger les cils, à sautiller sur mes coudes et à glisser des ignames dans le filet à provisions des petites dames. Sommes-nous incorrigibles ? Serais-je incurable ?

Une petite fille, deux filles, deux mères, une grand'mère


 

jeudi 6 janvier 2022

La chasse aux fantômes

 Attraper un chat noir dans l'obscurité de la nuit est, dit-on, la chose la plus difficile qui soit. Surtout s'il n'y en a pas. Je veux dire : surtout s'il n'y a pas de chat dans la nuit où l'on cherche. Ainsi parle un vieux proverbe chinois à la paternité incertaine. Du Confucius. Paraît-il. J'aurais plutôt pensé à un moine japonais. Ou bien à un humoriste anglais. Ce qui revient à peu près au même. Je crois comprendre ce que cette phrase signifie. Elle dit que la sagesse consiste à ne pas se mettre en quête de chimères. Que rien n'est plus vain que de partir à la chasse aux fantômes. Qu'il est absurde de prétendre capturer de ses mains un chat quand nul ne saurait discerner, même vaguement, sa forme absente dans l'épaisseur de la nuit.
Philippe Forest
Le chat de Schrödinger

dimanche 19 décembre 2021

Que la pluie cesse de tomber

Non. Tu n'es plus le maître anonyme du monde, celui sur qui l'histoire n'avait pas de prise, celui qui ne sentait pas la pluie tomber, qui ne voyait pas la nuit venir. Tu n'es plus l'inaccessible, le limpide, le transparent. Tu as peur, tu attends. Tu attends, place Clichy, que la pluie cesse de tomber.
Georges Perec
Un homme qui dort

La saison des guirlandes


 

jeudi 16 décembre 2021

Les nuits d'amour sont transparentes

Je sais qu'un grand metteur en scène, aussi vigilant et précis soit-il, n'implante rien en l'acteur que celui-ci n'ait en lui-même. 
Denis Podalydès
Les nuits d'amour sont transparentes

Revenir aux temps argentiques