dimanche 19 avril 2020

Pourtant, il suffit d'un regard

C'est vrai, l'hiver dure trop longtemps
C'est vrai, sans toi, la neige, le gel, les coups de vent
En plein cœur d'avril s'éternisent
Les mois s'étirent, se ralentissent
Jusqu'au plus profond de l'ennui
L'ennui, c'est qu'tous les chats sont gris
Sans toi, toutes les couleurs se fanent
En une fine pellicule de poussière un peu sale
Comment retrouver le temps d'une danse
Tous les clichés d'une romance ?
Et commencer oser faire rimer l'amour
L'amour avec dernier recours ?
Et si ce n'est pas pour demain, eh bien j'attendrai
Et si ce n'est pas pour demain, qu'importe, j'attendrai le jour d'après
Et si ce n'est pas pour demain, alors j'attendrai le jour d'après
Un millier d'années, un éclat de verre, milliers de larmes
Une éclaircie 
Pourtant, il suffit d'un regard
Brillant, brillante étoile d'un soir
Comme un marin mis sur le sable
Un sirène m'a laissé en rade
Il est temps de hisser la voile, le cap
Sur une île de hasard 
Et si ce n'est pas pour demain, eh bien j'attendrai
Et si ce n'est pas pour demain, qu'importe, j'attendrai le jour d'après
Et si ce n'est pas pour demain, alors j'attendrai le jour d'après
Un millier d'années, une pluie de rêves, un arc-en-ciel
Dans un millier d'années
Oh, mercy, mercy
I'm so scared
Juste un sourire dans un millier d'années
I'm so scared
Oh, mercy, mercy
I'm so scared
Plus au sud, une île
Oh, mercy, mercy
I'm so
Marc Seberg / Dominique A
La fragilité

Trois images pour l'histoire de deux hirondelles



lundi 6 avril 2020

dimanche 5 avril 2020

Voyager avec sa bibliothèque

Il faudrait pouvoir voyager avec sa bibliothèque comme un escargot avec sa coquille.
 Jean Chalon / Journal d'Espagne


dimanche 29 mars 2020

Le voyageur voit, le touriste toure

Le touriste déploie d'infinies ressources d'énergie et de ruse por éviter d'être pris pour un touriste. Au retour, en projetant ses diapositives à ses amis, il leur cache qu'à la même seconde où sa femme l'a photographié devant un koré du Parthénon, elle a du attendre dix-sept minutes afin qu'aucune des deux mille personnes qui prenaient la même photographie ne se trouvent plus dans le champ.

Le touriste parle des touristes comme le service de désinfection parle des rats : Louxor était "infesté" de touristes, qui à la même heure sont en train de dire que Louxor était "infesté" de touristes, qui à la même heure ...
Claude Roy
La fleur du temps
 

Réduit au silence


samedi 28 mars 2020

Ils se contentèrent d'y faire quelques allusions

 Le lendemain de la conférence, la fièvre fit encore un petit bond. Elle passa même dans les journaux, mais sous une forme bénigne, puisqu'ils se contentèrent d'y faire quelques allusions. Le surlendemain, en tout cas, Rieux pouvait lire de petites affiches blanches que la préfecture avait fait rapidement coller dans les coins les plus discrets de la ville. Il était difficile de tirer de cette affiche la preuve que les autorités regardaient la situation en face. Les mesures n'étaient pas draconiennes et l'on semblait avoir beaucoup sacrifié au désir de ne pas inquiéter l'opinion publique. L'exorde de l'arrêté annonçait, en effet, que quelques cas d'une fièvre pernicieuse, dont on ne pouvait encore dire si elle était contagieuse, avaient fait leur apparition dans la commune d'Oran. Ces cas n'étaient pas assez caractérisés pour être réellement inquiétants et il n'y avait pas de doute que la population saurait garder son sang-froid. Néanmoins, et dans un esprit de prudence qui pouvait être compris par tout le monde, le préfet prenait quelques mesures préventives. Comprises et appliquées comme elles devaient l'être, ces mesures étaient de nature à arrêter net toute menace d'épidémie. En conséquence, le préfet ne doutait pas un instant que ses administrés n'apportassent  la plus dévouée des collaborations à son effort personnel. L'affiche annonçait ensuite des mesures d'ensemble, parmi lesquelles une dératisation scientifique par injection de gaz toxiques dans les égouts et une surveillance étroite de l'alimentation en eau. Elle recommandait aux habitants la plus extrême propreté et invitait enfin les porteurs de puces à se présenter dans les dispensaires municipaux. D'autre part, les familles devaient obligatoirement déclarer les cas diagnostiqués par le médecin et consentir à l'isolement de leurs malades dans les salles spéciales de l'hôpital. Ces salles étaient d'ailleurs équipées pour soigner les malades dans le minimum de temps et avec le maximum de chances de guérison. Quelques articles supplémentaires soumettaient à la désinfection obligatoire la chambre du malade et le véhicule de transport. Pour le reste, on se bornait à recommander aux proches de se soumettre à une surveillance sanitaire.
Albert Camus
La peste
1947
Merci à Chantal B. pour son envoi

Il a oublié l'été dernier