jeudi 2 février 2017

Ils ont parlé des horizons encerclant toutes les choses

Peut-être qu'au commencement
le temps et le visible
créateurs jumeaux de la distance,
sont arrivés ensemble
ivres,
et ont cogné contre la porte
juste avant l'aube

La prime lumière les a dessoûlés
et examinant le jour,
ils se sont mis à causer
du Lointain, du Passé, de l'Invisible.
Ils ont parlé des horizons
encerclant toutes les choses
qui n'avaient pas encore disparu
John Berger
Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos

Un jour à New-York



mardi 31 janvier 2017

Je me suis rappelé cette conversation que j’ai surprise entre deux chiens sur la Perspective Nevski.


Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos

Quand j'ouvre mon portefeuille
pour montrer mes papiers
payer
ou vérifier l'horaire d'un train
je vois ta photo.
 
Le pollen des fleurs
dépasse en âge les monts les plus hauts
Aravis est jeune 
pour une montagne.
 
Les ovules de la fleur
en seront encore à germer
lorsque Aravis alors vieux
ne sera plus qu'une colline.
 
La fleur dans le portefeuille
du cœur,  la force
qui nous fait vivre
survivre aux montagnes.

Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos.
John Berger
Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos


lundi 30 janvier 2017

Et le souffle devient signe

Mon père ne m'a pas légué des meubles ou des bijoux, mais des bâtons d'encre. Ils sont pour moi un trésor de famille plus précieux que l'or. Tous les matins, je calligraphie pour me calmer, pour chasser l'inquiétude et entrer dans la danse de la vie. Cette pratique quotidienne m'est devenue indispensable, comme une prière intérieure. Chaque jour, il faut partir de la feuille blanche, plonger en soi, se mettre en quête de vérité et de beauté. Venues du plus profond de moi même, ces créations dessinent en quelque sorte le portrait de mon âme.
François Cheng
Et le souffle devient signe

Griffonnuage