dimanche 30 avril 2023
samedi 29 avril 2023
vendredi 28 avril 2023
jeudi 27 avril 2023
mercredi 26 avril 2023
mardi 25 avril 2023
Contrails
Ce mot-valise anglais provient de la contraction de deux termes : « condensation » et « trails ». Traduire par : « traînées de condensation »
lundi 24 avril 2023
dimanche 23 avril 2023
Devenir son confident
L'intelligence n'est pas de se fabriquer une petite boutique originale. L'intelligence est d'écouter la vie et de devenir son confident.
Christian Bobin
La dame blanche
samedi 22 avril 2023
vendredi 21 avril 2023
jeudi 20 avril 2023
mercredi 19 avril 2023
mardi 18 avril 2023
lundi 17 avril 2023
dimanche 16 avril 2023
samedi 15 avril 2023
vendredi 14 avril 2023
jeudi 13 avril 2023
mercredi 12 avril 2023
mardi 11 avril 2023
lundi 10 avril 2023
dimanche 9 avril 2023
samedi 8 avril 2023
vendredi 7 avril 2023
jeudi 6 avril 2023
mercredi 5 avril 2023
mardi 4 avril 2023
lundi 3 avril 2023
dimanche 2 avril 2023
Comme si je prenais de la distance
Je reste parfois longtemps sans photographier
sans être attiré
Je vois de plus en plus lentement
de plus en plus loin
comme si je prenais de la distance
Raymond Depardon
Hivers
Arfuyen/Magnum 1987
samedi 1 avril 2023
vendredi 31 mars 2023
jeudi 30 mars 2023
mercredi 29 mars 2023
mardi 28 mars 2023
lundi 27 mars 2023
dimanche 26 mars 2023
Écouter les bruits d'un jardin
Quelque chose dans les événements semble chercher en nous ce qu'il y a de plus précieux pour le réduire, l'organiser, le faire passer de l'intime au monnayable. Ce temps qu'on veut nous prendre pour équilibrer des comptes, satisfaire des créanciers, rassurer les marchés et complaire à l'ego d'un homme qui se sent d'autant plus juste qu'il a raison contre tous, ce temps-là, c'est celui du dimanche et de la pluie, des bals et des guinguettes, des mélancolies vaines, des chansons tristes, des enfants endormis sur nos genoux, des couples qui se tiennent la main, le temps du cours de l'eau et des passants qu'on regarde depuis la terrasse d'un café, le temps passable où peut-être nous n'avons plus rien à faire, que respirer et écouter les bruits d'un jardin. Ce temps n'est pas seulement celui de la retraite ou des loisirs. Il est le moment de la vacance, temps suspendu où soudain nous levons le nez du guidon, ému, soudain conscient de ce qui passe, de ce qui reste, temps du passé simple, de l'imparfait, du futur antérieur, conjugaisons de la profondeur, de la fugacité et des permanences, paresse profonde qui fait germer ces pensées auxquelles la performance fait constamment la chasse, et qui sont comme de petites voix sombres : écoute, tu n'as pas l'éternité pour toi, il te faut vivre et aimer tout de suite, ne te laisse pas dépouiller de ta maigre durée, ne deviens pas cette pure machine occupée à la richesse des autres. Cabre-toi. Il n'y a pas d'après. Aucun calcul ne justifie que tu cèdes encore sur l'essentiel. Oppose ton désir à la cadence. Désespère la volonté qui courbe ton dos. Sois sûr qu'un lit t'attend tout au bout et que tu y seras seul pour faire le décompte de ta joie. Ne laisse pas l'ogre des ordres d'ensemble et des grandeurs générales te convaincre de céder une autre seconde que tu aurais pu consacrer au libre exercice de ta force. Ne te rends pas. Tu as trop donné de ta vie déjà.
Nicolas Mathieu
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